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Photographie de
« MANNER »
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Pascal
Grandmaison, artiste à la carrière florissante, vient tout juste de
se mériter le prestigieux prix Pierre-Ayot, décerné par la Ville
de Montréal pour la relève en arts visuels. Il a d'ailleurs été
reconnu par le magazine Maclean's comme l'un des 50 jeunes les plus prometteurs
au Canada. Son travail de photographe et de vidéaste a été présenté
à Montréal, Toronto, Vancouver, ainsi qu'en France, en Angleterre,
en Italie et en Allemagne. Il est représenté par la galerie René
Blouin.
Empruntant
chez Warhol, jouant dans la cour de la publicité, les fuvres de Grandmaison
jouent la carte de l'intertextualité et questionnent la valeur des images,
leur sens, le regard qu'on porte sur elles. Séquence présente dans
ses espaces deux fuvres reliées à l'effort physique, à ses conséquences.
Des fuvres qui sont liées à l'expression du frénétique,
mais qui en révèlent l'après-coup dans un calme singulier. Des
images d'objets associés à la vitesse, au mouvement, sont ici livrées
dans une lenteur, une langueur plutôt inattendue, mais efficace.
« RUNNING » : Une caméra fixe
montre un soulier de course qui palpite. Une image qui, bien que simple et s'inscrivant
dans une iconographie familière, questionne et intrigue. Ces battements rappellent
la circulation à deux niveaux, la circulation des individus et les pulsations
du rythme cardiaque après un effort. |
« MANNER
»
Une série de photographies
intitulée Manner dévoile les traces de nombreuses heures de
service de peaux de drums. Ce sont des portraits de batteurs. Des portraits non pas
de leur visage mais des gestes trahissant leur concentration, leur façon d'exprimer
le rythme, leur personnalité. « Leurs dessins et les formes abstraites
sortent directement de ce que le drummer pense et de ce que le rythme, la musique
transmet. C'est comme être devant quelqu'un. » (P. G.) |
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« SPIN
»
Dans
la vitrine de la galerie, une vidéo de jeunes visages. Le cadrage y est très
serré, on ne les voit jamais en entier. Suspension du contexte. Rien en général
mais tout en particulier : des textures, des points, des taches, des rides naissantes,
des couleurs. Impassibles, voire inexpressifs, les visages semblent privés
d'émotion. La caméra, elle, tremblote. Elle suit un parcours saccadé,
du sommet du crâne à la poitrine des figurants. Induisant ici une intensité
presque dramatique, une sorte d'anxiété, de difficulté, le mouvement
provoque un état trouble qui contraste avec la neutralité des visages.
Vision sur l'instabilité, sur l'insécurité de la jeune génération?
Questionnement sur l'identité individuelle et collective? Une chose est sûre,
Spin renouvelle le concept du portrait. |
| En plus d'y exposer ses œvres, Grandmaison,
en résidence à Séquence, réalise un projet d'édition.
La livraison de la publication aura lieu lors du vernissage du 13 février
prochain, où l'artiste offrira également une prestation sonore. |
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