Lorsque 5 jeunes artistes du Saguenay—Lac-Saint-Jean
se déplacent vers Québec pour présenter leurs oeuvres, ils accomplissent
un acte de MIGRATION. Or, pour une région qui se désintègre,
cette action ouvre un débat sur l’exode et les conséquences
qu’elles entraînent sur la vitalité d’une communauté. Chez nous
lorsque la population d’ouananiches a dramatiquement chuté entre 1970 et 1990,
on a fait appel à une solution qui a été l’ENSEMENCEMENT de
tacons dans les bassins versants du lac Saint-Jean. Aujourd’hui, même si la
survie de l’ouananiche demeure précaire, il n’y a plus rupture dans le cycle
de reproduction de l’espèce.
Pour Alain Laroche et Jocelyn Maltais, d’Interaction Qui, ensemencer un
espace de la Ville de Québec, c’est signaler la perte dûe à
la MIGRATION des jeunes du Saguenay–Lac-Saint-Jean vers les centres. C’est aussi
une manoeuvre
de survie tentant de provoquer
dans l’utopie l’accomplissement entier du cycle migratoire : l’aller et le retour.
Quitter la frayère pour retourner chez soi et ainsi boucler le cycle
générateur.
Plus de 5 000 ouananiches emblématiques, pointant la région Saguenay—Lac-Saint-Jean,
seront ensemencées au Parc de la jeunesse du quartier Saint-Rock de Québec,
le 21 mars 2002. Avant leur retour au Lac-Saint-Jean, les ouananiches frayeront
jusqu’au 14 avril avec tous les québécoises et québécois
solidaires de notre région.
Pendant la même période, Le LIEU accueille 5 artistes de la relève
du Saguenay–Lac-Saint-Jean. C’est l’occasion pour eux de porter un regard personnel
sur le phénomène de MIGRATION tel que vécu à l’intérieur
de leur communauté. Pour tous, cela se traduit par une recherche d’équilibre
et d’harmonie entre l’art et la vie. Une profonde aspiration à communiquer,
échanger et s’exprimer. Vivre l’acte de création par une contribution
à la fois intime et publique dans un territoire d’appartenance. |