DEUX DÉCENNIES
D'ART SOCIAL |
Texte de
Guy SIOUI DURAND
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Dans la ville d'Alma où Alain
Laroche et Jocelyn Maltais vivent et enseignent, Interaction Qui œuvre
depuis 1980 à créer des zones non réservées à
l'art dans le dessein avoué de «tracer» l'imaginaire collectif
du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Deux trames, dont les notions de
«l'esprit des lieux» (écologie) et de «nœud événementiel»
(art social), rendent compte de leur vision artistique. La continuité de leur
travail a participé de manière significative à la constitution
de ces réseaux d'art parallèle qui se sont développés
à la grandeur du Québec comme autodétermination communautaire
des dernières décennies.
ÉCOLOGIES SOCIALES ET STRATÉGIE ÉVÉNEMENTIELLES
Dans ses événements régionaux, Interaction Qui visera à
mettre en branle quatre dimensions socio-artistiques afin de réaliser des
consuites/situations comme «art total» ou, comme l'appellent les sociologues,
un « phénomène social total » : |
| 1) Des stratégies extravagantes
de participation populaire dont le processus même de création met
l'accent sur la région. L'approche se démarque de la seule exposition
ou du spectacle pour favoriser une prise en charge par les groupes et les communautés
dans une perspective autogestionnaire. L'œuvre d'art est ainsi réinsérée,
souvent de manière festive, dans la vie quotidienne ; |
| 2) Des événements d'art
social qui se développent comme une entreprise démocratique d'occupation
de l'espace public, à l'extérieur des lieux artistiques consacrés,
pour habiter une fontaine, la rue principale, le restaurant, le centre d'achat, les
villes et villages et même le domicile familial ; |
| 3) Des œuvres qui entendent marquer
le territoire régional, tantôt par des rappels touchant la mémoire
collective, tantôt par une symbolique qui prend en compte de nécessaires
changements sociaux. Ce contexte géographique affirme sa spécificité
régionale tout en accueillant des complicités «affinitaires»; |
| 4) Des événements d'art
qui supposent une mobilisation régionale fusionnant l'engagement local
des artistes et l'appropriation communautaire par de nouvelles coalitions culturelles.
Cette symbiose recherchée tente de s'accorder aux stratégies économiques
(financement, bénévolat, stratégies touristiques) pour financer
l'activité. |
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Texte de Guy SIOUI DURAND
tiré de l'exposition «
L’ART,
C’EST TOI ITOU »
Alma 2001 |