Dans
un premier temps, le sujet regardé, ce qui est vu, dans un second temps, le
regardeur. C'est lui qui scrute, décortique, transpose, interprète,
agit sur ce qui est vu, l'acte de voir étant directement influencé
par sa perception.
Qu'il
y ait ou non utilisation d'une technique et d'un médium, l'image se construit
et cela est d'autant plus vrai, plus près de l'évidence avec la photographie,
qu'elle soit analogique ou numérique. La photographie permet de choisir cette
parcelle du réel que l'on désire montrer. La possibilité d'appréhender
autrement la réalité est une des perspectives que nous offre la photographie.
Avec l'analogique, nous avions et avons toujours l'idée de l'instantanéité,
ce moment qui parfois, paraît plus vrai que le vrai ou encore, qui confère
au sujet une aura qu'il n'avait pas auparavant. Le numérique offre la possibilité
d'aller bien au-delà de cette fraction de temps imposée par le "
ça a été ", il permet de revenir sans cesse sur une même
image, de déjouer ce premier état de la vision, de le modeler afin
que le résultat corresponde à l'interprétation de l'opérateur.
De
la construction... des images propose des moments, des lieux revisités par
les photographes Isabelle Hayeur, Marcel Blouin et Steve Leroux. Ces lieux revisités
deviennent des constructions hybrides, où les anciens et les nouveaux supports
photographiques s'entremêlent pour mieux nous transporter vers cette frontière
invisible logée dans la perception, où réalité et fiction
sont constamment sollicitées. En fait, ces compositions qui à première
vue paraissent bien anodines, appellent un regard attentionné car plus on
s'y attarde, plus elles semblent se déroberS Est-ce bien vrai ? Est-ce que
ces moments ont vraiment existé ? Avec les Parages obscurs de Leroux, les
Paysages incertains d'Isabelle Hayeur et Le Paradis des framboises de Blouin, les
choses sont maintenues dans un autre espace temps comme si ces lieux étaient
d'une époque incertaine.
Les
recherches de Paul Lowry, qui sera en résidence/atelier du 27 octobre au 2
novembre, sont également orientées vers le faire et la construction
de la représentation. À partir de matrices photographiques, Lowry explore
d'autres lieux de la nature, ceux du corps humain pour en sonder les paysages intérieurs
et ce, en s'inspirant d'une technique datant du 18e siècle, la physiognomonie.
Les
compositions de ces artistes intègrent toujours des éléments
tout à fait reconnaissables, des choses ou des lieux suggérés.
Il faut se méfier du reconnaissable car c'est là, dans ce familier
que la fiction prend naissance.
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Membre du regroupement
des centres d'artistes autogérés du Québec (RCAAQ), SÉQUENCE
bénéficie du soutien financier du Conseil des arts et des lettres du
Québec, du Conseil des Arts du Canada, de ses commanditaires et de ses donateurs.
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