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| Une rue, des édifices épars et un
peu délabrés, de l’asphalte et du ciment. Des passants : hommes, femmes
et enfants. Des autobus vieillôts, des autos. C’est une ville, c’est la vie
ordinaire. La vie dans une cité de banlieue, celle de tous les jours. Sous
ces aspects quelconques, il y a l’individu, cet être qui vaque à ses
occupations, travail, famille, enfants à nourrir, à élever et
à faire éduquer. C’est l’objectif de la vie. S’élever, valoriser
autant que faire se peut sa famille, ses enfants. Et ce à travers les multiples
contraintes qu’occasionne le simple fait d’exister à travers une société
contrôlante et dominatrice. |
| Voilà en substance le sujet du travail artistique
de l’artiste californien Fred Lonidier. D’ordre sociologique, la nature des sujets,
bien que contextualisée à travers les différents médiums
employés, est de perspective générale: une vision à vol
d’oiseau des temps et du lieu de l’acteur humain, notamment concernant la lutte de
classes principalement engendrée entre les " pauvres " du Sud de
l’Amérique et ceux " riches " du Nord. |
| L’exposition se présente sous fifférentes
formes. Des panneaux encadrés où textes et photos racontent le combat
que mènent les travailleurs opprimés afin non d’améliorer leurs
conditions de travail mais surtout la conservation de ce travail. Puis, un vidéo,
" Hyundai: Han Young worker " qui nous fait vivre la grève de la
faim qu’ont entrepris les travailleurs congédiés sauvagement après
plusieurs années de services. Et, un diaporama, " Maquiladora Workers,
Your Savior Is Coming! ". |
| Natif de Lakeview, en Orégon, Fred Lonidier
a d’abord fait des études en Service sociale, avant de terminer un baccalauréat
en Sociologie et, en 1972, une maîtrise en photo et multimédia à
l’Université californienne de San Diégo, où il enseigne au département
d’art visuel depuis ce temps. |
| Son curriculum vitae est imposant. L’artiste lui-même
définit ainsi les différentes approches de son travail: l’Art, issu
du Constructivisme russe des années 1920, et de Bertold Brecht et l’approche
du mouvement d’art conceptuel; l’Art et le Changement social, qui peut se définir
comme la fin de l’isolement de l’artiste et le début de son engagement comme
acteur important dans les changements sociaux et les prises de position requises;
l’Art et le mouvement ouvrier, arène d’action où les Organisations
du travail, les mouvements pour l’Union des travailleurs devient principalement son
combat comme artiste engagé depuis vingt-cinq ans; l’Artt et la Sociologie,
où la vision de l’artiste s’élargit dans une perspective plus générale;
et l’Art documentaire, formulation post-moderne qui devient la forme prévilégiée
afin de réinventer les pratiques traditionnelles dans une approche médiatique
plus facilement transportable et compréhensible. |
| Fred Lonidier a exposé autant en solo qu’en
groupe aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. De plus, il a été l’initiateur
en 1988 d’une chaîne télévisuelle LABOR LINK TV ou LLTV, qui
diffuse encore régulièrement des émissions dont le propos s’adresse
aux travailleurs. La radio et les revues sont d’autres médias où son
travail est soit initié, soit diffusé. Enfin, l’Art postal: "
Art Is Opium... " fait partie de sa démarche depuis 1972, ce qui l’a
fait connaître dans de nombreux pays comme le Japon, l’Italie, l’Allemagne,
la Hollande, la France, le Brésil, l’Espagne, lees Etats-Unis et le Canada. |
| Le vernissage aura lieu vendredi le 4 mai à
17 h. L’artiste y sera peut-être présent. |
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