« L'expérience d’une création
collective a été une manière pour moi de créer en ayant
des restrictions plus grandes que lorsque je travaille seule. J’ai beaucoup aimé
le concept, mais j’y ai compris qu’il n’est pas vraiment question de se démarquer
ou de faire quelque chose de peu commun lorsque ca doit se fondre avec les autres
créations. J’ai d’ailleurs recommencé un pavé, trouvant que
celui-ci était trop différent des autres. Dans l’éventualité
où je retravaillerai dans un autre projet collectif, je pense que ma démarche
sera moins individuelle. J’en ai un très intéressant souvenir et je
suis sûre que dans mes créations futures on pourra déceler un
penchant pour les œuvres dites collectives.
Ma
première animation “ Il
ne faut pas compter ses poulets avant qu’ils soient éclos ” est ma façon d’exprimer ma vision sur
le fait qu’on est jamais sûr de rien, tant que ce n’est pas encore arrivé.
J’ai été inspirée par ce proverbe puisqu’il peut se rapporter
à toutes les situations de la vie et me donnait une grande marge de manœuvre.
J’ai pensé à déséquilibrer en représentant un
œuf qui n’a rien de réaliste et en le meublant de cinq poulets. Le seul fait
qu’il n’est pas normal de retrouver plusieurs poussins dans un seul œuf s’accorde
avec l’esprit du proverbe. Le proverbe est une mise en garde sur nos persuasions.
Il vient nous pousser à ne pas s’accrocher à nos croyances, à
essayer de voir plus loin en remettant en question ce qu’est la réalité.
J’ai trouvé intéressant de jouer avec l’illogique et de réinventer
la vie en la rendant mécanique afin de déstabiliser les barèmes
sur lesquels nos jugements sont fondés.
Pour
ce qui est de ma deuxième animation “ Qui vole un œuf vole un bœuf ”, j’ai essayé de créer une ambiance
stressante et symbolique. Lorsqu’on prend un œuf, on se rend compte que les quatre
œufs ensemble formaient une partie de la tête d’un bœuf. La transformation
des œufs en bœuf commence tranquillement et se change en un bombardement de son et
de “~X~” qui peuvent rappeler des diachylons. Alors ce qui semblait léger
devient stressant et vient appuyer le fait que peut importe la gravité que
l’on donne à nos actions, c’est plutôt l’intention qui compte. »
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