Le premier procès pour
meurtre au Lac-Saint-Jean
« Lorsque le Docteur
Robillard franchit le pas de la porte, un silence de mort règne dans la pièce.
Mais Emily, agenouillée, se met à crier le prénom de son mari.
Ce n’est plus un malade que le praticien a devant lui, mais un cadavre. Il a la figure
toute bleue et des taches sur les bras et les jambes. Ses membres sont raides et
tordus comme ceux d’une pièce de gibier que l’on ramène de la chasse.
Le Docteur Robillard ne remarque aucune trace de violence et conclut qu’Abraham Gallop
est décédé d’une syncope. »
Entre 1867 et 1976, date de
l’abolition de la peine de mort au Canada, seize femmes, dont cinq accusées
d’avoir tué leur mari, ont été condamnées à mort
au Québec. Seules deux de ces femmes seront acquittées après
avoir été reconnues coupables. Emily Sprague, d’Isle-Maligne au Lac-Saint-Jean,
est l’une d’entre elles. En 1925, on la soupçonne d’avoir empoisonné
son mari avec la complicité de son jeune amant. Le procès d’Emily fait
le récit du premier procès pour meurtre au Lac-Saint-Jean, un drame
judiciaire qui a déclenché les passions.
La journaliste Line Gaudreault
signe ici un premier roman, riche d’une dizaine d’années de recherches. Diplômée
en lettres du Collège d’Alma et membre de la Société d’histoire
du Lac-Saint-Jean, elle est aussi dramaturge et comédienne. |