Au cœur de la région du Saguenay,
un écrivain témoigne de la passion d'écrire qu'il cultive depuis
toujours. Celui qui a publié tour à tour sept volumes, dont plusieurs
à compte d'auteur, n'hésite pas à inviter les jeunes, comme
les aînés d'ailleurs, à produire des textes qui témoignent
de leurs expériences et de leurs passions.
« Partout
où je vais, je me fais aborder par des gens qui auraient souhaité écrire
mais qui, pour des raisons diverses, sont passés à côté
de leur rêve. Moi, je n'ai pas accumulé un fonds de retraite important
mais mon plus grand rêve, je I'ai réalisé et je continue d'en
bénéficier chaque jour. Écrire, c'est ma vie! »
Ce n'est certes pas la vie facile qui a conduit Jean-Marie Claveau à coucher
ses idées sur papier. Né à Saint-Bruno au Lac-Saint-Jean le
18 septembre 1927, il grandit entouré de dix frères et sœurs sur une
ferme modeste. Il poursuit des études classiques puis accède à
la prêtrise en 1956. Au service du Diocèse de Cticoutimi jusqu'en 1976,
il prend alors la décision de quitter les ordres et entreprend une seconde
carrière, laique cette fois, dans l'enseignement. Cette expérience
l'amènera à vivre à Sept-lles, sur la Côte-Nord durant
six ans.
C'est cet exil qui a réveillé son désir de parler de l'histoire
de sa région. Il utilise alors ses talents d'enseignant et de raconteur pour
écrire le premier livre de sa nouvelle carrière. Le roman La Crande
Charrette rouge a été publié en 1986 et connaîtra un beau
succès. Les critiques sont élogieuses, le style souple et la culture
littéraire est indéni`able. « Le talent est une qualité
qui se cultive », se dit-il alors en entreprenant l'écriture d'un second
livre.
L'histoire et la généalogie le fascinent. Il se lance donc à
la recherche des ancêtres. ll publie en 1988 « Le déf lé
de la Saint-Mathias, petite histoire de la grande lignce des Tremblay-Mathias»
puis en 1990 « La petite histoire des familles Claveau du Saguenay-Lac-Saint-Jean
». Il taquine ensuite le roman avec « Drame à Ha I Ha I Bay Junction
», suivi d'un roman historique intitulé « Quand montent les eaux».
Prémonition du déluge du Saguenay de 1996 ? Non, mais il y raconte
une histoire d'amour survenue au moment de l'inondation provoquée par Alcan
qui fit disparâître en 1925 un village entier, celui de St-Cyriac au
Saguenay. Plus récemment, il a publié « Le d4fi de Marguerite
Belley » une des rares femmes honorées par l'histoire à titre
de fondatrice de la ville de Jonquière. Enfin, il sent le besoin de faire
la rétrospective des valeurs léguées par des prêtres issues
de sa lignée familiale en livrant plusieurs biographies dans « La foi
contagieuse des curés Tremblay-Matl~ias-Claveau ».
Tous ces volumes sont aujourd'hui présents dans les librairies du Québec
et dans les bibliothèques scolaires et publiques. « C'est ma plus belle récompense pour les heures
que j'ai consacrées à la recherche et à l 'écriture dans
toute ma vie » est-il
fier d'ajouter.
Il n'est pas rare de voir Jean-Marie Claveau assis, en plein cœur d'un centre commercial
très achalandé, en train d'écrire une page inédite de
l'histoire humaine. Il lui arrive fréquemment d'encourager des jeunes auteurs
à oser se rendre au bout d'un projet et, à donner des conférences
sur sa grande passion, l'écriture. |