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Dans la vie ordinaire, Gérard
Bouchard, historien et sociologue, dirige le Projet Balzac, fichier de la population qui, après avoir
accumulé des tonnes de statistiques sur les Saguenéens, s'étend
maintenant à tous les Québécois. Ce fichier, qui a valu à
Monsieur Bouchard une réputation internationale, est utile pour comprendre,
entre autres, les maladies génétiques. M. Bouchard a obtenu le prix
du Gouverneur général, en l'an 2000, pour son essai le plus récent,
« Genèse des nations
et cultures du Nouveau Monde
» (Boréal).
Pourquoi j'ai écrit un roman populaire?
« Je rêvais de jumeler
les données statistiques à des données qualitatives comme les
archives orales, pour mettre un peu de vie dans mes essais. Mais pour des raisons
de méthodologie, ça marchait mal. Je voulais utiliser quand même
ces archives orales, rendre hommage à ces gens anonymes, raconter leur vraie
histoire. Ces colons-là n'ont rien écrit. La parole de ces gens-là
n'a pas laissé de traces. On ne sait rien sur leurs sentiments, leurs espoirs.
Moi, j'ai voulu rendre leurs voix grâce à ces archives orales que j'ai
accumulées, les miennes, mais aussi celles de la Société historique
du Saguenay. Au Québec, on n'a plus aucune mémoire des actes des premiers
colons. Ici, c'est plutôt pauvre, contrairement aux États-Unis. »
« Mais c'est terrible,
écrire un roman. C'est bouleversant, ça remue beaucoup de choses en
nous. Quand on veut décrire les émotions des autres, il faut puiser
dans les siennes. Ça ne s'écrit pas comme un livre d'histoire. C'est
écrit avec de l'encre chaude. C'est à la fois troublant et enrichissant.
Je me considère non pas comme un romancier mais comme un sociologue qui a
écrit un roman. Je n'ai pas l'intention d'en écrire un autre. » |
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« PIKAUBA
»
- Prix des
lecteurs au 41e Salon du livre
La suite de «
MISTOOK » |
Sur le mode de la tendresse, de l’humour
et de la fantaisie, en même temps que sur un grand fond de vérité,
« PIKAUBA
» se veut donc une réplique à
quelques autres utopies auxquelles la littérature québécoise
a donné naissance au siècle dernier. Mais ce sont les dons de conteur
de Gérard Bouchard qui frappent et séduisent d’abord le lecteur dès
les premières pages du livre.
Les lecteurs de «
MISTOOK »
se rappelleront que Senelle, l’amie indienne de Méo Tremblay, avait accouché
d’un fils qu’on avait baptisé Léopaul. C’est le destin de ce fils qui
est au coeur de Pikauba, le deuxième roman de Gérard Bouchard.
- Publié chez les Éditions Boréal - 2005-03 |
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