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Pour la troisième édition
de l'événement Excès de vitrine 2006, les propositions visuelles en diptyque
et en triptyque de Rodrigue Bégin et Carol Dallaire semblent
offrir la démonstration du souvenir comme d’une mémoire imprécise
laissant filtrer la dimension mythologique d’une réalité déjà
passée. Leur mise en scène en vitrines, sur la place publique, révèle
ainsi que divers instants de la vie quotidienne de chacun peuvent être traités
comme des moments historiques. Les montages photonumériques de Rodrigue Bégin
donnent à voir des images de ÇA A ÉTÉ, tantôt anciens,
tantôt récents. Comment séparer le présent du passé
lorsque le photographe, par son savoir-faire, met tout en place pour déjouer
le regard? Juxtaposées à ceux-ci, les propositions visuelles de Carol
Dallaire présentent des personnages fictifs, nommés I.L. ou E.L.,
incarnations possibles de chacun de nous. L’utilisation, au coeur d’images insondables
à première vue, de textes imprimés auxquels peut s’identifier
le spectateur, vise à théâtraliser le souvenir tout en laissant
planer le doute. Revient alors au spectateur, à la passante, au client, d’interpréter,
pour son propre plaisir, ce qui est donné à voir, à lire, ce
qui se joue entre ces images. D’autres histoires naîtront ainsi qui ne connaîtront
pas de parfait état d’achèvement mais demeureront ouvertes sur le temps
et la mémoire, donnant naissance à une oeuvre complexe : la réalité
poétique de chaque individu. |