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Dédicace de l'auteur
Une jeune femme un peu paumée entre toutes ses identités et qui se
cherche, voilà ce que je suis. Quel douloureux chemin mais aussi que de rencontres
fabuleuses, que de questionnements et que de tourment.
Ce livre concerne, je crois, tous les jeunes désabusés, mais qui continuent
de vouer à leur pays un amour infini. J'aime mon pays, le Sénégal
et j'aime ma ville natale, Dakar, N'DAKARU.
Je les aime dans ma chair et je ne comprends pas pourquoi je m'éloigne d'eux
au fils des années. Je pleure de les voir si pauvres et d'être si loin
d'eux, de l'autre côté de l'Atlantique.
Mais notre force, à nous migrants est justement de pouvoir poser un regard
blessé mais riche d'expériences sur notre monde (passé ?).
C'est un livre dur, mais un livre qui crie son amour pour N'DAKARU, la belle sahélienne.
Ayavi Lake
La présentation de l'éditeur
Ayavi Lake porte un regard à la fois acéré et plein de
tendresse sur sa terre natale. Au gré des amours de son héroïne
avec Samy, le rouquin, le lecteur découvre une ville belle, mais blessée,
fière, mais pauvre. C'est le cri d'une jeune Sénégalaise devant
la souffrance et le laisser-aller de ses compatriotes, devant l'inaction des autorités.
Comme dans un rêve, les images de N'Dakaru la belle viennent rafraîchir
une histoire à Paris, une histoire douloureuse qui entraîne le lecteur
dans les méandres des traditions, du "paraître" et même
du "maraboutage".
L'amour reste le fil conducteur de ce roman, amour blessé pour une ville,
Dakar, et amour-passion pour un homme, Samy, le rouquin.
Qu'y trouvera le lecteur ? Beaucoup d'images fortes, de poésie et de réalisme
et aussi... beaucoup d'amour.
Ayavi Lake, auteure de vingt-six ans, titulaire d'une Maîtrise en Information-Communication
et Communication Interculturelle, possède aussi un Diplôme Universitaire
de la Francophonie. Elle a déjà publié aux Editions Cultures
Croisées un recueil de poésies et de nouvelles : « Souffles
Etranges » en 2002. |
Les premières lignes
« Nous nous sommes connus à Dakar, allées gorgées d'eaux
puantes. Eaux lessivées, eaux verdâtres, eaux usées et gaies.
Les égouts débordaient gaiement, ils charriaient leurs eaux usées,
fatiguées. Elles voyageaient, elles s'installaient. Elles appelaient les rats,
les cafards, les rampants et les visqueux. Elles repartaient et se propageaient dans
tous les quartiers. À Dakar, où l'on traversait le quartier sur des
briques jetées ça et là, sur des vieux pneus gris de boue. Des
eaux qui cachaient nos merdes, nos horreurs ; des eaux devenues urinoirs et dépotoirs
ambulants. À Dakar, fleuve vert immense, parsemé de mouches vertes,
de moucherons et de puces, nous avons marché, pataugé, nagé
dans ces eaux. Elles nous poursui°©vaient, reptiles puants dans les quartiers
malades des banlieues, elles se glissaient dans les maisons, et le sable, tout ce
sable ne pouvait les boire. Elles débordaient. Elles voulaient faire l'amour
au goudron, elles l'écrasaient, I'étouffaient avant de le laisser défoncé,
saoul, détruit, rongé par ces désirs dévastateurs. Elles
enlevaient toute dignité au bitume, elles le déshabillaient, le frappaient,
le violaient avec une jouissance terrible.
Chaque saison, des ingénieurs des ponts et chaussées réanimaient
les routes. Et les eaux revenaient, monstres mugissants et reprenaient leurs amours
tabous sous les yeux corrompus, corrupteurs, contrefacteurs des ingénieurs
des ponts et chaussées. À Dakar. » |
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«
N'Dakaru, fragments d'amour »
2007 - Editions Cultures Croisées France
ISBN : 2-913059-28-7
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Source :
http://www.passiondulivre.com
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