Nous
sommes en 1976, et le Parti québécois vient d’être porté
au pouvoir. Marcel Grenon, ex-prêtre et ex-bras droit de René Lévesque,
coule des jours paisibles et heureux avec sa femme Lucie. Seul nuage au-dessus de
leurs têtes : leurs convictions politiques sont diamétralement opposées.
Lucie, incapable de regarder passivement un parti indépendantiste s’occuper
de l’avenir du Québec, se lance tête baissée dans la campagne
référendaire de 1980. Puis, à la suite de la victoire du Non
et reconnue pour son leadership, elle devient députée libérale.
Désormais,
rien ne va plus comme autrefois dans la famille Grenon : Lucie est constamment absente;
Marcel est attiré par une jeune femme qui ressemble étrangement à
son premier grand amour; et leur fils, qui possède un talent de hockeyeur
exceptionnel, se sent soudain abandonné par ses parents et emprunte une route
fort inquiétante.
Ce
quatrième volet d’une série qui avait été initiée
avec Les Amants du Royaume nous offre non seulement un tableau très instructif
du dernier quart du vingtième siècle au Québec, mais également,
par l’entremise de ses protagonistes, une occasion de réfléchir sur
ce que nous étions et ce que nous sommes devenus. Marcel Grenon, le héros
de cette saga, est, à l’image même de l’univers rigoriste dont il est
issu, nourri à la fois par une volonté d’aller de l’avant et une conscience
aiguë des dilemmes qui l’écrasent.
Comme
le Québec qu’il chérit tant, il est paradoxalement déterminé
et hésitant, ce qui fait de lui un personnage tout en nuances, un personnage
vrai, attachant, au destin extraordinaire et tragique. Et son histoire est racontée
avec une force d’évocation qui happe le lecteur et le tient captif du début
à la fin. |